FAITES-VOUS DU BIEN…
SOYEZ GENTIL !

« Chaque matin,
je sais un peu plus
que l’homme n’existe
que grandi par un lien d’amour ».

L’auteur de ces lignes est une lumineuse personne qui ne souhaite pas être citée, non pas par souci d’anonymat mais parce qu’elle considère que ce qu’elle écrit nous appartient à tous. Merci pour ce cadeau…

La gentillesse est souvent perçue comme un acte de faiblesse doublé d’un manque de perspicacité que résume cette phrase lapidaire et sans appel : « Il est bien gentil ». Une façon de décrire quelqu’un que l’on trouve un peu con, un peu niais. Bref pas comme soi !
Or, comme l’exprime si bien Jacques Weber, « la gentillesse est la noblesse de l’intelligence ». Voilà qui est dit !

Pour être beau il faut être gentil. Une belle plastique n’a jamais fait une belle personne, la gentillesse si. C’est pour moi la plus grande des qualités.

Mais qu’est-ce qui nous empêche d’être gentil ? Les autres ? Sûrement pas ! C’est à l’intérieur de nous que tout se passe.
C’est ce dont j’avais envie de vous parler, toujours dans l’optique que changer le monde passe par des modifications au plus profond de chacun.


LA GENTILLESSE, UNE FAIBLESSE ?

TROP BON, TROP CON !?

Si vous faites preuve de gentillesse craignez-vous que les autres en profitent ? Qu’ils vous manquent de respect ? Pensez-vous qu’en étant méfiant, avare dans votre bonté vous serez davantage respecté ? Je ne crois pas.

Et quand bien même on profiterait de votre bonté, qu’est-ce que ça peut faire ? Votre ego en prendra un coup c’est sûr ; mais au fond qui est le perdant dans l’histoire ? Vous qui avez donné sans rien attendre ou l’autre qui n’aura pas su apprécier votre geste ?

La faiblesse c’est donner en attendant une faveur en retour ou même de la reconnaissance.
La faiblesse c’est craindre que d’être gentil conduise à se faire « marcher dessus ».
La faiblesse c’est ne pas donner par peur de manquer ou donner avec un sentiment de malaise.
La faiblesse c’est donner uniquement à ceux qui le méritent.

Au contraire, la gentillesse est une force, celle d’être capable de donner envers et contre tout, sans rien attendre en retour et peu importe ce que l’autre fera de notre geste, bien ou mal ça lui appartient.

Si Mère Teresa avait attendu que tous les enfants qu’elle a sauvés de l’abandon lui soient reconnaissants elle n’aurait pas consacré toute sa vie durant à les aider et les aimer quoiqu’il advienne. Certains se sont détournés ou ont mal tourné, ça ne l’a pas empêchée de les aimer et de continuer son œuvre.
Par sa bonté, cette femme rayonne encore aujourd’hui, par-delà la mort.

Refuser de se comporter avec bienveillance c’est faire le lit de l’indifférence, de la froideur, du dédain voire de l’animosité mais aussi de la colère ou même de la haine.

« La haine c’est l’hiver du cœur » – Victor Hugo

Ces comportements s’expriment par des reproches, des accusations, de la mauvaise foi, des actes de vengeance, des paroles blessantes et venimeuses… Ca ne construit pas une personne ça, hein ?

On ne veut pas « perdre la face », ni se sentir « rabaissé ». « Oh moi j’ai du caractère, je ne me laisse pas faire, non mais ! ». Ainsi, on confond trop souvent avoir du caractère et avoir un mauvais caractère !

Ce sont les habits de la souffrance derrière lesquels on se cache pour se donner une bonne raison de ne pas faire un pas vers l’autre. « Pourquoi je ferais un effort alors que lui n’en fait pas ? ». On peut tourner en rond longtemps comme ça et… souffrir.

La méfiance à l’égard des autres conduit à un besoin de sécurité. Par mesure de précaution, nous restons sur nos gardes en attendant la preuve de leur bienveillance. Et peut-être qu’à ce moment là nous envisagerons de distiller quelques gouttes de bonté mais pas plus. C’est de la générosité contrôlée.

Bref, nous voulons des garanties !

La garantie que l’autre ne profitera pas de notre bon cœur, sera reconnaissant de notre geste et qu’il fera bon usage de notre mansuétude. Où est la gentillesse dans tout ça ?

Ce besoin de sécurité, de « se protéger » (surtout de nous-même !) est une prison, celle que l’on se façonne en oubliant de vivre.

Ma grand-mère possédait peu et donnait beaucoup. Pour elle être « trop gentil » ça n’existait pas. Le besoin de sécurité ? Elle s’en moquait complètement ! Elle n’avait pas de temps à perdre avec ça. Alors elle riait tout le temps, elle était contente de tout, toujours. Sa bonté était un baume qui pansait les blessures de tous ceux qui avaient la chance de la connaître. C’était une femme heureuse, vivante. Son grand rire résonne encore en moi… Voilà ce que procure la magie de la gentillesse.

ET DIRE QUE NOUS ASPIRONS AU BIEN-ETRE…

Ne trouvez-vous pas qu’il y a une incohérence entre nos aspirations de paix intérieure, de lâcher prise et nos actes ? Nous souhaitons ardemment un mieux-être et nous agissons de façon délétère.
A l’heure du développement personnel, de la réalisation de soi, d’une quête vers l’essentiel, on entend très peu parler de gentillesse. On confond cette recherche de profondeur avec une approche égocentrique : « Maintenant je prends du temps pour moi et les autres on verra après ».

Alors si on agissait en cohérence ? Si se préoccuper des autres était la priorité ?


LES BIENFAITS DE LA GENTILLESSE

Avez-vous des exemples là tout de suite de comportements gentils à votre égard, d’actes qui vous ont touché, qui vous ont aidé ?

Et alors ? Qu’avez-vous ressenti ? Beaucoup de bien, n’est-ce pas ?

Et comme vous êtes modeste, si je vous demande de vous souvenir d’un geste bienveillant que vous aurez eu à l’égard d’autrui peut-être aurez-vous plus de mal à vous en rappeler. Essayez quand-même.

Et alors ? Qu’avez-vous ressenti ? Beaucoup de bien aussi ?

Tout ça pour dire qu’un témoignage de gentillesse fait autant de bien au destinataire qu’à l’initiateur.

Alors feu !

EN TOUTE SIMPLICITE…

La gentillesse est plus qu’une qualité, c’est être débarrassé des fardeaux de l’ego, c’est donc « être » tout simplement. Elle s’exprime par le don sous toutes ses formes, qu’elles soient matérielles ou immatérielles. Mais qu’est que l’on peut donner qui ne soit pas palpable ? Du temps, de l’écoute, de l’attention, de la compassion, de la gratitude, … bref, tout ce dont notre cœur déborde et qu’il ne demande qu’à partager pour notre bien à tous.

Pour les gestes d’ordre matériel, essayons de donner sans que l’argent ne soit une réponse. Je m’explique, à une problématique donnée on cherche souvent une solution « qui s’achète » (nous sommes les enfants de la société de consommation, ne l’oublions pas !), or on peut être généreux sans dépenser. Ca nécessite d’être créatif et cet état d’esprit nous conduit à aller puiser au cœur de notre relation à l’autre. Ce geste sera empli de beauté et de simplicité. Pour cela, notre esprit doit être ouvert à l’autre, sans pensées parasites, un esprit libre, simple.

« L’esprit simple n’est pas un simple d’esprit » – André Comte-Sponville

La simplicité, c’est être là, ici et maintenant sans rien attendre de plus que ce moment d’attention à l’autre.

C’est ça changer le monde…

UNE BONNE DOSE D’OPTIMISME

Laisser exprimer ce qu’il y a de bon en nous procure du bien-être, ça rend heureux et … optimiste ! Et l’optimisme nous pousse à agir avec bonté. C’est vertueux.

Il arrive que l’on me dise « mais avec toute l’horreur de ce monde, il est impossible d’être optimiste », autrement dit, il est impossible de miser sur la bonté humaine. Est-ce qu’être pessimiste fera bouger les choses ? Non. L’optimisme ne veut pas dire que l’on attend béatement les lueurs d’espoir et que les autres fassent.

Etre optimiste c’est souffrir, c’est pleurer, c’est rager mais c’est aussi ne pas capituler, ne pas laisser les pleins pouvoirs aux experts de l’horreur ni même à leurs sous-fifres !

Soyons démesurément optimistes et gentils pour renouer avec l’espérance d’un monde à notre mesure.

C’est ça changer le monde…

SE REJOUIR EN PENSEES ET ETRE SINCERE EN PAROLES

Ce que les autres possèdent n’enlève rien à notre richesse surtout si elle est intérieure ! La joie de ceux qui nous entourent rejaillit sur nous dès lors que nous ne sommes plus habités par un sentiment de jalousie. Ce serait dommage que des pensées faites d’envies et de mesquineries nous privent du plaisir de savourer le bonheur des autres et de célébrer leur réussite.

De même que la gentillesse ce n’est pas dire à l’autre ce qu’il a envie d’entendre mais c’est avoir une parole vraie ET bienveillante. A ne pas confondre avec « lui dire ses 4 vérités », c’est arrogant (comme si on détenait la vérité), blessant et n’a jamais aidé personne ! Une parole vraie est faite d’humilité et de respect. Comment faire concrètement ? Parlez comme vous aimeriez que l’on vous parle et surtout avec votre coeur.

Parler avec son coeur justement c’est ne pas sombrer dans les bavardages inutiles de la médisance. « Tailler des costards » aux gens c’est s’engager sur la voie de l’ultra pauvreté relationnelle et de la bêtise. Rappelons-nous que « la gentillesse est la noblesse de l’intelligence ».

Donc être gentil ce n’est pas capituler en cas de conflit ou de différend, mais c’est :

  • Ne pas se réjouir des difficultés de l’autre mais faire preuve de compassion.
  • Ne pas chercher à le blesser par des paroles assassines mais défendre son point de vue avec sincérité et bienveillance.
  • Agir avec intelligence.

CETTE FORCE QUI EST EN NOUS

L’agressivité, la méfiance, la colère, l’abattement,… sont le produit de notre ego, cette entité factice qui prend trop souvent les rênes de notre vie.

Le nourrisson est dépourvu de ces comportements, l’ego est inexistant chez lui. Nous le développons, nous l’entretenons, nous le bichonnons au fil des années, jour après jour. Or, nous avons la liberté, si ce n’est de retourner, tout au moins de cheminer vers notre vraie nature. La gentillesse en est un bon moyen.

Chercher le bonheur est la meilleure façon de ne pas le trouver ! Chercher à devenir meilleur conduit au bonheur alors qu’il n’est plus un but.

Redoubler d’attention pour les autres nous pousse à sortir de notre « petit Moi » qui nous bride et nous enferme pour nous permettre de déployer des ressources insoupçonnables et insoupçonnées ! Le champ des possibles devient infini…

Et contrairement à l’image gnangnan rattachée trop souvent au « gentil », les personnes emplies de bonté sont des êtres charismatiques dont la force émane de leur grande capacité d’écoute et de compassion. Ce charisme vient de la confiance qu’ils inspirent, on a envie de les suivre.

C’est ça changer le monde…

S’il est une chose et une seule que je voudrais réussir à transmettre à mes enfants c’est d’être gentils et qu’ils apprennent à reconnaître la gentillesse comme la plus belle des qualités.

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