JE REVIENS DU FUTUR

Je suis à New-York et je décide d’aller au musée Guggenheim. J’entre et immédiatement je suis comme aspirée par ce que je vois. Des tableaux de plus de 3 mètres de haut sur 2,5 mètres de large. Je suis happée par les couleurs, le graphisme, l’esthétisme, mais pas que. Il y a quelque chose qui me touche, qui me parle fort, très fort. Je poursuis la visite où je me sens comme hors du temps. Et quand je regarde la date de réalisation de ces œuvres je suis déroutée, scotchée : 1907. Qui est cet Ovni ? Se serait-il trompé d’époque ?

L’artiste, née en 1862, c’est Hilma af Klint. Je veux tout savoir sur elle, tout, tout, tout ! Parce que je me pose une tonne de questions. Qu’est-ce qui a inspiré ce peintre à réaliser des œuvres contemporaines au début du siècle dernier ? Comment est-elle passée d’une peinture naturaliste, figurative, conformiste à l’art abstrait ?

Qui est cette artiste qui a fait l’école des beaux-arts de Stockholm à une époque où rares étaient les femmes à faire des études supérieures ? Nous sommes en 1880 tout de même !

Je vous présente Hilma af Klint
dans son atelier de Stockholm en 1895.

En 1906 elle peint ses premières œuvres abstraites mue par un besoin de réaliser un travail spirituel. Elle s’intéresse au spiritisme, à la théosophie et à la philosophie. Son œuvre en sera chamboulée puisqu’à travers son travail, elle pressent les mystères de la vie. C’est cette nouvelle force artistique qui guide sa créativité et qu’elle va exprimer notamment par la peinture automatique.

Elle est avant-gardiste, incomprise de ses contemporains. Elle constate qu’ils ne sont pas prêts à recevoir et comprendre ses peintures abstraites. Il y en a plus d’un millier qui sont soigneusement roulées et stockées dans son atelier.

Elle meurt en 1944. Dans son testament, Hilma a demandé à ce que ses œuvres soient scellées pendant au moins 20 ans après sa mort. Elle pense que seules les générations futures seront à même de comprendre son expression artistique.  Il faudra attendre l’exposition The Spiritual in Art, Abstract Painting 1890-1985, tenue à Los Angeles en 1986 pour que son œuvre connaisse enfin la renommée internationale qu’elle mérite.

L’exposition que j’ai vue, s’appelle PAINTINGS FOR THE FUTURE.


POURQUOI AI-JE ETE
AUTANT TOUCHEE ?

En voyant les tableaux de Hilma, j’ai senti une vibration, quelque chose de plus grand que moi. Je me suis sentie comme faisant partie d’un tout. Je la ressentais elle également. J’avais la douce sensation de sa présence tant sa peinture était vivante. C’était comme si un courant électromagnétique me reliait à chaque tableau que je contemplais comme si je le connaissais déjà depuis toujours.

Et puis quand j’ai appris qu’elle avait peint pour le futur, consciente qu’elle ne serait pas là pour voir les visages émerveillés comme le mien devant ses œuvres, j’ai compris l’impérieuse nécessité qui l’animait. C’était bien au-delà de la reconnaissance, c’était viscéral, c’était vital. C’est cette criante sincérité qui m’a émue dès que j’ai posé mes yeux et mon cœur sur ses œuvres sans rien connaître d’elle, mais alors rien !


J’AIME
J’AIME PAS

J’ai compris (enfin !) lors de cette expo l’importance de sortir du « j’aime/j’aime pas ». Je n’en étais plus là, j’avais dépassé cette notion très basique à laquelle je me réfère trop souvent comme si je voulais vite passer à autre chose et qui n’apporte finalement rien. Au contraire, ça me prive de l’essentiel : la connexion à mes émotions et l’ouverture sur une vision nouvelle. Que l’on aime ou pas, il y a toujours quelque chose de tapie derrière. Si on essaie de décortiquer, on s’aperçoit que l’on peut être surpris, enchanté, perturbé, bouleversé, attristé, ennuyé, … par ce que l’on voit.  Une oeuvre artistique, quelqu’elle soit, n’est ni moche ni belle, elle active des émotions différentes et avec un niveau d’intensité très variable. Ce n’est ni bien, ni mal. C’est juste ainsi en ce moment précis car demain tout peut être remis en question.


QUE FAIRE DE CETTE EXPERIENCE ?

J’ai connu un maître de karaté renommé, Tatuo Suzuki qui disait « l’esprit ne se brise pas ». Longtemps j’ai interprété cette phrase comme un défi, une arrogante déclaration de force face à l’impuissance de notre condition de mortels. C’était une autre façon de dire : « même pas peur ». Maintenant que j’ai vu l’exposition de Hilma af Klint, je comprends mieux. Je mesure l’héritage de cet homme et combien nous devons en être dignes tant ce qu’il nous a laissé est précieux et nourrit, même après sa mort, notre pratique.

Une chose est sûre c’est que je ne me sens pas tout à fait la même depuis cette visite au Guggenheim. Je veux comprendre et surtout vivre à l’intérieur de moi cette même pulsation que celle que j’ai prise en pleine poire et en plein cœur durant cette expo.

Hilma nous montre, par son engagement pour le futur, que l’on peut sortir d’une vision trop étriquée de l’existence. Pourquoi s’enfermer dans des dogmes, des codes, des cases ? Pourquoi se laisser paralyser par la peur de l’inconnu ? Pourquoi se limiter en toute chose à notre passage ici-bas ? Et si nous nous autorisions à envisager notre vie en grand  ?


QUE VOUDRIEZ-VOUS
LAISSER DE VOUS ?

Réfléchir à cette question, c’est envisager notre propre mort. Selon les moments, nous oscillons entre deux états : l’angoisse et le détachement. L’angoisse de partir, de quitter ceux que l’on aime, de ne pas savoir ce qu’il y a après (ou s’il y a un après d’ailleurs) et le détachement lié à l’acceptation de l’inéluctable fin.

Restons sur la voie du détachement où plutôt du non-attachement en fait. C’est elle qui va nous permettre d’aller au fond de nous-même. Aussi je vous pose cette question : Qu’est-ce qu’il y a de beau en vous qu’il est important de laisser ?  

Pas facile de répondre, n’est-ce pas ? Alors essayez déjà de répondre à ces interrogations :
Quels sont vos talents ? Qu’est-ce qui vous anime, que vous adorez faire ? Quels ont été les moments clés de votre vie qui font que vous n’êtes plus tout à fait la même personne ?

Moi, ce que je voudrais laisser, c’est ma soif de vie. Elle est ma force et ma source de joie. J’aimerais qu’elle me survive et continue d’inspirer ceux qui m’auront connue. C’est en définitive la révélation que j’ai eu au travers des oeuvres de Hilma af Klint. Elles sont entrées en résonance avec ce qui vibre en moi, son appétit de vie m’a percutée comme un camion lancé à grande vitesse. Et c’est là que je me suis dit : « il est crucial que les gens vivent leur vie ».


UN ELAN DE VIE

J’ai eu plusieurs déclics par le passé et finalement cette exposition est venue peaufiner son œuvre. Je comprends que j’ai soif de vérité. Je suis touchée quand une personne est vraie, qu’elle ne se préoccupe pas de l’opinion d’autrui. Peu importe que nous n’ayons pas le même avis, sa sincérité est plus forte que mon point de vue finalement. Alors j’essaie moi aussi de me rapprocher de ma vérité. Je trébuche, je rechute, je recule, je me décourage, je me confronte à mes démons mais j’essaie encore et je veux essayer toujours.

Et vous, comment exprimez-vous votre élan de vie ? Ou comment aimeriez-vous l’exprimer ?

Lors de mes consultations de médecine chinoise ou en accompagnement, j’ai par moment la possibilité ou plutôt la chance, d’entrapercevoir votre vérité et même parfois la façon d’y accéder. C’est fou comme on a plus de recul sur les autres que sur soi !

Le blocage majeur que je constate, c’est bien sûr la peur de l’inconnu. Vous êtes d’accord sur le principe de mettre du mouvement dans votre vie, d’opérer les changements nécessaires mais si vous aviez l’assurance que derrière tout se passera pour le mieux ce serait tout de même bien plus simple !

Quand j’ai quitté mon poste salarié pour l’entreprenariat, j’aurais bien apprécié avoir la garantie que tout allait bien fonctionner. D’ailleurs si j’ai tant tardé avant de me lancer c’est bien par peur du vide.

Finalement, quelques années après, je me rends compte que la garantie de succès de tout changement est justement liée au dépassement de ses appréhensions. S’il n’y a aucune crainte, aucun doute, mais quelle pauvreté ! Je ne suis pas en train de vous dire qu’il suffit de décider ne plus avoir peur de l’inconnu pour que ce soit une affaire réglée. Non, non, non. Je veux juste dire que pour que le mouvement se mette en œuvre comme il se doit, nous devons accepter d’avoir la frousse par moment parce qu’elle va nous aider à avancer bien plus sûrement que le succès facile. Alors ne succombons pas à la tentation de tout figer.

Hilma a fait un pied de nez à sa peur de l’inconnu. Voir la vie au-delà de sa propre existence, mais quelle liberté ! Elle a découvert finalement la pilule d’immortalité.


J’AI PRIS UNE DECISION

En rentrant de ce voyage, remplie de force et de vigueur grâce à cette exposition mais aussi à ma façon de me l’approprier, j’ai réalisé combien il était important que je contribue concrètement, dans la vraie vie (et pas que cachée derrière mon site internet !) à cet élan de vie. Et c’est comme ça qu’est né mon accompagnement FAITES LE PLEIN DES SENS. 1h30 pour parler de ces projets qui sommeillent en vous et qu’il serait temps de réveiller !

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2 Commentaires
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Joel JEULIN

Merci Patou pour cette illumination du sens de la vie. Etre Vrai, être soi…Quel magnifique destin. Vers une indicible sérénité. Avec amour. Joël